[Vidéo] Alerte à la pollution dans les gares !

Publié le 10/11/2015

Des milliers de salariés transportent quotidiennement des milliers de voyageurs qui empruntent des infrastructures souterraines de transport : tous sont exposés à une pollution de l’air trop élevée. À quelques jours de la Cop 21, la CFDT a organisé une nouvelle action de sensibilisation sur cette question qui engage la santé au travail, grande absente des débats sur le climat.

De 2004 à 2013, la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) a estimé à 63 000 le nombre de salariés ayant contracté une maladie professionnelle liée à la pollution atmosphérique. Le coût pour les entreprises se chiffrerait à 8,7 milliards d’euros.

           

En dépit des valeurs maximales fixées par l’Organisation mondiale de la santé quant au seuil de particules fines inhalées – et malgré le rapport publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en septembre 2015, qui corrobore les craintes des syndicats –, le taux de particules fines autorisé dans les enceintes souterraines des gares demeure cent fois supérieur à celui qui est toléré à l’extérieur. Une aberration, que la CFDT dénonce depuis longtemps.

100 000 tracts distribués

Le 10 novembre, au petit matin, plus de 300 militants se sont répartis dans les gares du métro de plusieurs grandes villes (Lille, Lyon, Marseille, Paris et Toulouse) afin de remettre aux usagers des tracts les informant sur l’air pollué qu’ils y respirent. Ils étaient aussi présents dans les aéroports de Nice et Roissy-Charles-de-Gaulle, où la mauvaise qualité de l’air est avérée aux abords du tarmac.

Au total, quelque 100 000 tracts ont été distribués en deux heures, dont 61 000 dans les gares franciliennes. « Les usagers sont beaucoup plus réceptifs », constate Edgar Stemer, secrétaire général de la CFDT-Transports-Environnement. « C’est peut-être l’effet Cop 21 ; en tout cas, une prise de conscience pour un monde plus respirable. »

Cette action s’inscrit également dans le cadre de la campagne d’information que les militants franciliens mènent depuis six ans à Paris, sur les pas des salariés CFDT de la Régie des transports de Marseille (RTM), qui ont engagé le combat en 2003. « Même si les progrès sont extrêmement lents en la matière, la mobilisation prend de l’ampleur », constate Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, venu soutenir les équipes à la station RER Charles-de-Gaulle-Étoile.

Revoir les normes fixées

Outre un suivi médical particulier et la modernisation des infrastructures ferroviaires, la CFDT demande l’ouverture de négociations sur ce sujet. Elles devront notamment aborder le thème de la pénibilité et la mise en place d’un système de traçabilité des expositions professionnelles. La CFDT souhaite que l’enjeu de la qualité de l’air ne soit pas oublié lors des débats de la Cop 21. Enfin, elle dénonce les valeurs limites d’exposition professionnelle autorisées par le code du travail qui affectent tous les salariés du transport dans l’indifférence générale, comme cela s’est produit pour l’amiante.

Prochainement, une nouvelle action sera programmée dans les ports pour dénoncer la pollution atmosphérique du fioul brûlé par les paquebots en escale et dont la teneur en particules fines est nettement supérieure à celui du diesel des voitures…

cnillus@cfdt.fr