[Dossier] Burn-out: Identifier, prévenir, agir

Publié le 27/02/2020

Le phénomène d’épuisement professionnel connaît une progression vertigineuse qui interpelle le monde du travail. Si les symptômes sont mieux connus et la prise en charge est de meilleure qualité, il reste énormément à faire, notamment en matière de prévention dans les entreprises et les administrations.

La mécanique infernale

Soignants, profs, magistrats, journalistes, cadres du privé, du public ou du secteur associatif mais aussi boulangers, cuisiniers, agriculteurs…

Head 16 PlainpictureLe burn-out touche tous les secteurs, tous les niveaux hiérarchiques et tous les âges. Les histoires de personnes qui ont connu cette descente aux enfers sont toutes singulières mais relèvent toutes d’un même enchaînement de facteurs et de symptômes. Un engrenage qui peut mener à l’internement psychiatrique ou, dans le pire des cas, au suicide.

« Mon corps a lâché. » Un « blanc ». Un « crash ». Un « bug dans mon corps et mon cerveau ». Un « pétage de plombs », un « effondrement », etc. Toutes les histoires de burn-out racontent ce moment fatal où le corps a craqué. Où la personne subit « une décompensation somatique majeure », comme le disent les psys. Sous bien des formes : évanouissement, malaise cardiaque, crise de tétanie, etc. « Comme un barrage qui aurait résisté à la pression trop longtemps. Un jour, il cède » A LIRE ICI

©Plainpicture

 

[Interview] 
Marie Pezé 
Psychanalyste, experte auprès de la cour d’appel de Versailles, responsable du réseau Souffrance et Travail

“L’origine du burn-out, c'est le conflit éthique”

Marie Peze DRAutrefois, on parlait de surmenage. De quoi le burn-out est-il le nom ?

Le mot burn-out a été utilisé pour la première fois aux États-Unis, en 1974, pour décrire l’état psychique de psychiatres qui donnaient des consultations bénévoles, après leur journée à l’hôpital, dans des dispensaires que l’État avait cessé de financer. Au bout de quelques mois, ils ont montré des signes d’épuisement profond les conduisant à un décrochage émotionnel total. Ils étaient « consumés ». A LIRE ICI

 

©DR 


 

Head19 PatrickGaillardin

[Reportage]
Réparer les vivants

Créée à l’initiative de Françoise François, psychologue du travail et experte judiciaire, la Maison Souffrance et Travail 78, à Poissy dans les Yvelines, accueille, soigne et accompagne les personnes tombées en burn-out.

Les chiffres donnent le vertige : l’année dernière, cette consultation dédiée aux personnes victimes d’épuisement professionnel a vu passer plus de 7 000 personnes, soit dix fois plus qu’en 2013, date de sa création. Pour sa fondatrice, Françoise François, le fait le plus inquiétant est que les salariés qui consultent viennent de tous les secteurs d’activité, public et privé confondus, de toutes les catégories socio-professionnelles, de tous les âges, et enfin, de toute la France. A LIRE ICI

©Patrick Gaillardin 


La méthode CFDT : être à l’écoute

Capture d’écran 2020-01-29 à 15.17.03Victime d’un burn-out il y a quelques années, Éric a été accompagné par la CFDT de son entreprise. Une fois remis sur pied, il est devenu militant et poursuit ce travail d’écoute et de conseil auprès de ses collègues. Rencontre.

Cadre dans une grande boîte de conseil en solutions digitales pour les entreprises de la région parisienne, Éric a fait un burn-out il y a quelques années. « À l’époque, les militants de la CFDT ont remarqué ma fatigue physique et ont su m’écouter », se souvient-il. Une fois remis, ce jeune quadra est devenu particulièrement attentif à cette question et décèle rapidement les maux de ses collègues. Il en redirigera une dizaine vers la CFDT avant d’adhérer. La section lui propose alors d’entrer dans l’équipe de négociation sur la prévention des risques psychosociaux (RPS). A LIRE ICI

 

 


[SUR LE TERRAIN]
Chez Technip, le combat continue

HeadTechnip CBadetDepuis quatre ans, chez Technip, géant français du secteur parapétrolier, la machine à broyer est en marche. À la suite d’un premier suicide, survenu au sein de la tour des bureaux de la Défense, la section CFDT se démène pour que la direction reconnaisse les risques graves constatés dans son entreprise et prenne enfin des mesures préventives. Un combat exemplaire.

Quand l’absentéisme augmente, que les démissions explosent, que les salariés tombent en dépression comme des mouches et que l’inspection du travail multiplie les rapports confirmant que plusieurs drames, dont suicides et tentatives de suicide, sont « survenus par le fait du travail », il n’y a pas à tergiverser. A LIRE ICI

©Cyril Badet