"Adapter les temps de classe, c’est lutter contre le décrochage dès la primaire"

Publié le 24/01/2013
Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves), revient sur le débat autour des rythmes scolaires.

Que dit aujourd’hui la FCPE sur les rythmes scolaires ?

Ce que nous ne cessons de dire depuis des années, et que le gouvernement veut mettre en place. Nous pensons qu’il faut aller vers cinq jours de classe par semaine, et plus de jours dans l’année pour permettre aux enfants de souffler et d’être plus à même de recevoir l’enseignement qu’on leur dispense. La réforme va dans le sens de ce qui marche en Europe – à savoir 185 jours de classe par an, contre 140 en France aujourd’hui.

Que pensez-vous des réticences exprimées par certains syndicats d’enseignants ?

Les enseignants attendent des réformes importantes et nous disons qu’il faut y croire et lutter contre une sorte de fatalisme qui atteint beaucoup de personnels de l’Éducation nationale. Maltraités par les précédents gouvernements, ils ont parfois le sentiment que rien n’est possible. C’est un réflexe de repli sur soi. Réformer les temps scolaires, c’est aussi revoir les temps sociaux, l’organisation du travail dans les établissements scolaires, les activités des villes ; bref, c’est une remise en cause essentielle de nos fonctionnements. Si des enseignants veulent bloquer cette réforme, ils ne comprennent pas leur propre intérêt qui est aussi une amélioration de leurs conditions de travail car des journées plus courtes, c’est un mieux-vivre pour eux.

Peut-on regretter un manque de concertation ?

Non, franchement, je ne le pense pas. On a beaucoup parlé, écrit et réfléchi à ces questions depuis des années. L’Académie de médecine, la Cour des comptes, la conférence générale de juin 2010 sur les rythmes scolaires organisée par Luc Chatel à la demande, notamment, du Sgen-CFDT… Le débat a été largement ouvert, et tout le monde, syndicats enseignants compris, était d’accord pour avancer sur les rythmes scolaires. Il faut faire des efforts, c’est l’intérêt de tous et surtout celui de l’enfant.

L’élève est-il au centre du système éducatif, comme nous le réclamons ?

Avec cette réforme, certainement. Aménager les temps de classe pour qu’ils soient plus adaptés aux enfants, c’est lutter contre le décrochage dès la primaire. Nous savons que nous devons intervenir sur la pédagogie, les temps et les programmes. Commençons par les temps, et ne perdons pas de vue la globalité des objectifs.

Propos recueillis par Henri Israël