« Le gros problème pour les saisonniers ici à Deauville et à Trouville, c’est le logement ». Dans cette station balnéaire prisée des Parisiens aisés où le bus CFDT des saisonniers fait étape ce mardi 13 juillet, le coût d’un studio est proche de 500 € par mois. « A ce prix-là, les saisonniers ne s’en sortent pas », estime Denis qui connait bien la question. Salarié en CDI dans une grande brasserie trouvillaise, il est également responsable syndical. La prise de conscience de ce problème aigu a été longue mais une maison des saisonniers est en construction à Deauville pour répondre à ce besoin.
« Chaque année, on embauche une dizaine de saisonniers sur un total de 50 salariés, poursuit Denis, on emploie plutôt des étudiants, ils sont très motivés, n’hésitent pas à travailler le week-end et ce n’est que pour les quatre mois d’été ». Dans sa boîte, un accord TVA devrait être signé d’ici la fin du mois de juillet. Il prévoit une demi-journée de congé supplémentaire dont bénéficieront les saisonniers et l’embauche de trois chefs de rang. Le problème du logement, on connait également au Casino de Deauville. Celui-ci emploie 1000 salariés dont 300 saisonniers et CDD. « L’entreprise met une centaine de lits à disposition de ces salariés, raconte Thierry Loones, le délégué syndical du Casino, les vraies difficultés de logement concernent les saisonniers des petites entreprises ».
Des saionniers plus âgés
Les saisonniers représentent 11 000 emplois dans la région Basse-Normandie, « autant que le nucléaire », précise Bertrand Brière. Ce responsable régional de la campagne CFDT observe également une évolution de la population des saisonniers. « On voit de plus en plus de chômeurs âgés et d’étudiants ayant fini leurs études postuler sur des emplois de saisonniers », explique le syndicaliste. Les effets de la crise n’ont pas fini de se faire sentir. Comme par exemple pour ce couple de Ch’tis, la petite cinquantaine, qui fait la saison à Trouville. Lui est pizzaiolo depuis le mois de février, elle fait la plonge à l’occasion. Cet ancien de chez Nestlé en a eu marre de faire les 3 X 8. « Ca use », dit-il. Il cherche déjà un travail pour la saison d’hiver.
« Au niveau national avec la crise, on constate également l’arrivée d’un nouveau public chez les saisonniers, confirme Hervé Garnier, secrétaire national en charge du dossier présent à Trouville, on a vu dans les salons où les professionnels recrutent des saisonniers des gens de 45/50 ans proposer leurs services ». Les saisonniers des hôtels cafés restaurants (HCR) ne sont pas les seuls à connaitre des problèmes avec leur employeur. La grande distribution dans les régions touristiques recrute aussi en masse. Certaines enseignes multiplient par 4 ou 5 leurs effectifs en saison. « Nous avons déjà des remontées sur ce secteur, explique Hervé Garnier, les saisonniers y sont souvent corvéables à merci ».
| Les 3 maux du travail saisonnier Pour le secrétaire national de la CFDT, trois problèmes principaux touchent les saisonniers : le travail au noir, les contrats de travail non respectés ou non conformes et le logement et le transport. Aux saisonniers concernés, il donne le conseil suivant : « Ne laissez pas les choses s’envenimer. N’hésitez pas à vous faire assister par des conseillers du salarié CFDT. Notre objectif n’est pas de mettre le plus possible d’employeurs aux prud’hommes, ajoute-t-il, si certains sont malhonnêtes, nombre d’entre eux sont aussi des employeurs occasionnels qui ne connaissent pas les règles du travail. Il suffit souvent de s’expliquer pour que les choses s’arrangent ». |
Tout l'été, retrouvez chaque jour les étapes du "Saisonniers 2010 CFDT Tour" |
| L | M | M | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 | 31 | 1 | 2 | 3 |
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |