1979 : Le recentrageLa CFDT défend son autonomie d’action et de décision, quel que soit le type de rapports qu’elle établit avec les forces en présence, politiques ou syndicales. Elle se concentre sur sa mission d’organisation syndicale pour mieux faire face aux mutations de la société : mondialisation, modification de l’appareil productif, restructurations et forte progression du chômage.
1981-1982 : La CFDT imprime sa marque au pouvoirEn 1981, la CFDT a appelé à voter socialiste à l’élection présidentielle de mai. Ce sera la dernière consigne de vote qu’elle donnera, affirmant ainsi son indépendance politique.
À l’arrivée au pouvoir de la gauche en mai 1981, la CFDT fait part de ses revendications prioritaires au nouveau gouvernement : réduction de la durée du temps de travail, lutte contre les inégalités de salaires, accroissement du pouvoir des syndicats et des salariés dans les entreprises.
Les lois Auroux de 1982 s’inspirent de ses propositions. Elles représentent des avancées significatives pour la défense des droits des salariés et ont fortement modifié le droit du travail :
- Interdiction de toute discrimination
- Obligation de négocier des accords collectifs dans l’entreprise sur les salaires, sur la durée et l’organisation du travail, sur l’égalité hommes femmes
- Développement des institutions représentatives du personnel, création d'un droit d’expression des salariés sur les conditions de travail.
- Création du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et du droit de retrait du salarié en cas de situation de danger grave et imminent
Au cours des années 80, la CFDT s’implique fortement dans les combats pour la démocratie à travers le monde. Dès le début de la décennie, elle apporte un soutien de tous les instants à Solidarnosc, fédération de syndicats polonais opposé au régime totalitaire en place. A travers ses différentes actions, elle participe activement à la structuration de syndicats libres derrière le rideau de fer qui accompagneront le grand mouvement de libération des pays de l’Est.
C’est également ce souci de lutte pour les libertés qui avait poussé la CFDT au cours des deux décennies précédentes à instaurer des accords avec des organisations syndicales de pays en voie de développement comme l’UGTA, la COB de Bolivie ou la CUT du Brésil, ou encore à organiser des actions de solidarité envers les travailleurs et syndicalistes réprimés ou emprisonnés pour leurs idées au Chili et en Afrique du Sud.