Le ministre de l'éducation nationale vient de se rendre compte que les choix politiques et budgétaires du gouvernement, auquel il participe, avaient des conséquences néfastes sur le remplacement des enseignants.
En proposant de recruter des étudiants pour assurer les remplacements, le ministre applique la même logique que celle qu'il a mise en œuvre dans le cadre de la masterisation : il veut envoyer des personnes sans aucune formation devant les élèves. Pour le Ministre, enseigner n'est pas un métier qui s'apprend. Qui s'étonnera dès lors que ces étudiants puissent être en difficulté devant des classes ?
Pour le Sgen-CFDT, la remise en cause des frontières administratives ne permettra pas de masquer le manque de moyens chronique de remplaçants. Dans la mesure où elles seraient un frein à une mobilité de proximité souhaitée par les collègues, elles doivent faire l'objet de discussions globales avec les organisations syndicales.
Quant à renvoyer aux personnels de direction la responsabilité d'assumer les manques de personnels créés par les suppressions massives d'emplois, en leur demandant de désigner un pilote au sein de leur établissement, c'est de la poudre aux yeux.
De même, le recours à des personnels retraités apparaît comme un aveu d'impuissance.
Le Sgen-CFDT pense qu'il est temps que le ministre cesse de se contenter d'effets d'annonces et se penche vraiment sur la question du manque de postes d'enseignants. Ce serait la première solution pour éviter que des élèves restent sans professeur.
Paris, le 10 mars 2010