A l'issue du vote du CSE, le Sgen-CFDT confirme son analyse : cette réforme n'est pas la nôtre mais elle comporte cependant quelques mesures positives même si elles sont trop partielles.
Le Sgen-CFDT a donc émis un avis favorable sur les 3 premiers textes présentés parce que nos amendements ont en grande partie été repris et parce que nous pensons que ces textes ainsi amendés présentent des leviers pour faire évoluer le lycée, renforcer l'aide des enseignants à la plus grande réussite de chacun des lycéens, et permettre d'engager une transformation du métier.
Ainsi :
-la mise en place et la généralisation de l'accompagnement personnalisé, la mise en place du tutorat proposé à tous les élèves sont des mesures renforçant les relations élèves/professeurs et des outils au service de la réussite de chaque lycéen,
-le développement de l'autonomie des établissements et la globalisation de certains horaires de groupes dans le respect d'un cadre national répondent à la diversité des publics,
-le renforcement des missions du conseil pédagogique en fait un nouvel espace de travail en équipes au service de leurs projets. Les amendements proposés par le Sgen-CFDT et intégrés par le ministère sont de nature à garantir l'expression des personnels (et notamment des enseignants) tant sur la composition du conseil que dans son fonctionnement et ses réunions.
En revanche, si dans le cycle terminal, l'introduction d'un tronc commun élargi peut permettre, comme nous le souhaitions, une spécialisation progressive de l'élève, la réintroduction d'une option d'histoire-géographie en terminale S ruine totalement le rééquilibrage affiché des filières. Les élèves prenant cette option auront finalement sur le cycle terminal, une heure de plus que précédemment en histoire-géographie ! Dans l'esprit du ministère la filière S reste bien la seule filière d'excellence, la filière la plus généraliste avec le plus d'heures de cours et offrant le plus de débouchés contrairement aux engagements pris dans les points de convergences. C'est bien le maintien du système des filières qui amène ces incohérences. Refusant de se prononcer dans ce cadre, le Sgen-CFDT a porté ses mandats en refus de vote sur ce dernier texte.
Le Sgen-CFDT juge par ailleurs parfaitement contradictoire les éléments d'évolution du métier inscrits dans cette réforme avec le projet de recrutement et de formation des maîtres auquel il continue à s'opposer.
Les principes de la réforme du lycée étant maintenant établis et approuvés par la communauté éducative, le Sgen-CFDT entend à présent obtenir du ministère des garanties dans la mise en œuvre, sur les conditions d'études des élèves comme sur les conditions de travail des personnels. Il souhaite que les textes d'application soient travaillés en concertation et paraissent assez tôt pour une prise en compte satisfaisante dans les établissements et juge tout à fait insuffisantes les deux demi-journées banalisées annoncées. A partir des axes que le ministre a tracés quant à la réforme de la voie technologique, le Sgen-CFDT attend rapidement des propositions construites et des discussions approfondies.
Persuadé qu'une transformation ambitieuse de l'école est incompatible avec la politique de restriction budgétaire, le Sgen-CFDT fait le choix de saisir des leviers de changement positifs mais avec vigilance et dans un esprit revendicatif quant aux moyens nécessaires.
Paris, le 14 décembre 2009