Réforme du lycée : une ambition limitée et des mesures parcellaires, des conditions de travail à prendre en compte
Le président de la République a présenté des propositions pour réformer le lycée affichées comme des réponses aux constats largement partagés, dans la communauté éducative et au-delà, mais il y manque la reconnaissance de la surcharge de travail des personnels. Les changements proposés ne correspondent pas à la réforme ambitieuse que le Sgen-CFDT, seconde organisation représentative des personnels de lycée, revendique. Celle-ci ne pourra se concrétiser sans faire évoluer le baccalauréat et sans traiter des débouchés post-bac.
Les mesures annoncées sont parcellaires et manquent de cohérence même si certaines sont susceptibles de générer des évolutions positives.
Pour les élèves, l'accompagnement personnalisé est une mesure utile à la réussite de tous les élèves, qui doit contribuer à leur autonomie. Mais elle nécessite une formation des personnels, un enseignant référent, le travail en équipe pédagogique. Elle doit être intégrée dans l'horaire élève et le service des enseignants.
L'affirmation de l'égale dignité des voies générale, technologique et professionnelle est contredite par leur maintien en l'état. Les mesures concrètes visant à rénover les filières STI et à valoriser la série L, devront faire la preuve de la volonté réelle de transformer le système.
Le droit à l'erreur est affirmé mais aucune mesure réellement alternative au redoublement n'est proposée et les stages pendant les vacances ne doivent pas prendre la place des temps de remédiation nécessaires inscrits dans le temps scolaire.
Le Sgen-CFDT se réjouit de voir enfin se mettre en place le plan de rénovation des langues inscrit dans les textes depuis 2005. Mais à l'instar de ce qui est annoncé sur la culture, la vie et la démocratie lycéenne, cette ambition pour les langues nécessitera des investissements forts de l'État et des régions.
La volonté affichée de donner des marges d'autonomie aux établissements exige un véritable dialogue social dans les conseils d'administration, mais aussi dans le conseil pédagogique qui devra devenir un véritable outil démocratique au service des équipes.
De fait, la mise en œuvre de l'ensemble de ces mesures reposera essentiellement sur l'investissement des personnels. Le Sgen-CFDT sera très attentif aux conséquences sur leurs conditions de travail et à la reconnaissance de cet investissement. Les nouvelles tâches demandées impliquent une réduction du nombre d'heures de cours, l'intégration des nouvelles missions dans le service et donc moins de classes par enseignant.
Paris, le 13 octobre 2009