Les personnels des collèges découvriront à la rentrée le nouveau DNB version 2O1O -2011 qui a été discuté et voté au CSE du 1er juillet. Comme il ne satisfait personne, le vote final du CSE a exprimé un rejet massif : 4 pour, 43 contre (dont le Sgen-CFDT) et 7 abstentions.
Pour l'essentiel, ce nouveau diplôme ne change pas grand chose au bon vieux « brevet ». Il est simplement augmenté de l'épreuve présidentielle d'histoire des arts. Celle-ci revêtira toutefois un caractère interdisciplinaire et sera passée à l'oral en cours de formation devant un binôme d'enseignants.
Le Sgen-CFDT avait présenté avec le Se-Unsa de nombreux amendements sur ce texte. Bien qu'ayant pour beaucoup obtenu la majorité des voix, ils n'ont pour la plupart pas été retenus par l'administration.
Seule la maîtrise du socle commun de compétences et de connaissances est à présent clairement actée par le texte comme nous le souhaitions et ne se limite plus au B2i pour la compétence « informatique » et au niveau A2 de langue. C'est une avancée importante mais contredite par la suite de l'arrêté.
Curieusement le contrôle continu reste inchangé (note sur 20 dans toutes les disciplines) bien que notre amendement visant à ne retenir pour celui-ci que les points au dessus de 10 dans chaque discipline ait été largement majoritaire et que ce soit une proposition de l'administration ministérielle, elle-même, dans un groupe de travail précédent.
Il s'agissait ainsi d'abord de valoriser les réussites et de ne pas handicaper les élèves aux résultats un peu justes ; rappelons que ce diplôme constitue pour un quart des élèves de troisième leur premier échec à un examen.
Il s'agissait ensuite et surtout de réduire la confusion des évaluations liées à la définition du DNB dans la loi de 2005. Finalement, le contrôle continu télescopera encore l'évaluation par compétences du socle commun.
Le nouveau diplôme maintient donc l'ambiguïté entre deux logiques inconciliables : celle d'évaluation par compétences et celle des notes. Il conserve la confusion la plus grande entre trois modalités d'évaluation : épreuves terminales coefficientées, contrôle continu noté et évaluation par compétences.
Pour le Sgen-CFDT, il s'agit là d'une occasion ratée de plus, signe d'un manque de volonté politique certain du ministère. Sous cette forme le DNB reste sans finalité.
Le Sgen-CFDT continuera à se battre pour que le diplôme national du brevet certifie uniquement la maîtrise des compétences et des connaissances du socle commun. L'urgence première est aujourd'hui la mise en place réelle des sept piliers du socle commun et la formation des enseignants au travail et à l'évaluation par compétences.
Paris, le 2 juillet 2009